L’application de live-streaming a rencontré un succès planétaire à son lancement. Une révolution en terme d’instantanéité, mais aussi côté lien social. Qui sont ces utilisateurs ? Qu’est-ce qu’on y trouve au juste ? On a testé pour vous ce nouveau Chatroulette.

Après avoir racheté Vine, Twitter fait l’acquisition de Periscope entre 50 et 100 millions de dollars. L’application de live streaming gratuite sur Itunes et Android a de beaux jours devant elle. Test imminent !

Periscope live

 

Le système est simple. Comme sur le réseau de micro-blogging, on peut suivre des gens, et être alerté quand ils commencent un live (disponible pendant 24 heures, contrairement à son cousin Meerkat ou Omegle). Mais le concept va encore plus loin via le mode « Recherche ». En cliquant sur la carte du monde, Periscope nous propose des gens avec qui chatter. Chatter, en vidéo, comme Chatroulette dans les années 2000. Sauf qu’ici on peut choisir nos interlocuteurs, qui souvent nous allèchent avec un titre de live : « Soirée Twerk » « Venez parler » ; « Moi et bébé au lit »…

map périscope

 

Je me connecte, allez misons sur Paris. Je tombe sur un pré-ado, qui m’a tout l’air d’entamer la soirée pyjama avec ses camarades. Les « liveurs », voient les pseudonymes (ou les comptes Twitter) qui les regardent en temps réel. « Salut Margaux ». Ça fait peur ! Plus que de regarder, j’ai l’impression moi-même d’être observée. Sur mon écran, deux fillettes ont l’air de me fixer, à un tel point que je me demande si ma caméra n’est pas branchée, je n’ose pas parler à haute voix. Comme une session Skype que j’aurais débuté par mégarde. Même chose en Irlande, à la fête de la bière, je me connecte discrètement et j’entends, « Hello Mawgaux ».

periscope live

Pendant le live, les spectateurs peuvent commenter, poser des questions en direct. Un peu comme à la télévision ou à la radio, #socialtv.

Les utilisateurs font connaissance, les discussions restent très superficielles et souvent sans grand intérêt. « Je vais refaire ma déco bientôt », « oui j’habite dans le 60 et toi ? », « hier j’ai emmené ma princesse au restaurant ». Le chat Skyrock, version 2015.

« Je suis là parce que je me fais chier »

La plupart du temps, les internautes se filment parce qu’ils s’ennuient. « Le film est nul alors je suis ici » ; « Je me fais chier dans ma vie » ; « On n’a rien à faire »…

A l’ère du tout point zéro, la génération Z peine à vaquer à ses occupation

périscope

Mais d’un autre côté, l’ouverture sur le monde est grandiose. En 1 minute, je fais bronzette (virtuelle) à Hawai, je prends un train à Grand Central, je fais un tour à la Gay Pride et je prends le petit dej à Seattle. L’ère du voyeurisme ambiant n’a pas que des mauvais côtés.

L’essor est tel que dans certains événements, l’application est interdite pour éviter toute diffusion (pour ne pas citer, Wimbledon). Verdict : On s’en sert, un peu, pour s’aérer l’esprit, pas pour raconter sa vie !