Inciter à méditer sur les paradoxes des désirs humains. Le projet est ambitieux et terriblement séduisant. Entre adultes consentants.

« L’amour est fait de sperme, de fluides et de larmes. L’amour en anglais se dit Love. Love est un excitant mélodrame (…) ». Après l’intrigue d’un premier synopsis, concis et provoquant, celle d’une communication visuelle. Des images osées et explicites annoncent le retour du réalisateur argentin à travers un quatrième long métrage. Créant éveil et émoi, désir et débat, le nouveau né de Gaspar Noé s’affiche.

Présenté hors-compétition au dernier Festival de Cannes en séance de minuit, treize ans après la sulfureuse et mémorable projection d’Irréversible[1], Love, dont la sortie en salles est imminente, sème et répand son encre, noire, parfois blanche. Promotion et scandale mis en scène, du porno en 3D dans une salle obscure pour parler d’amour, du jamais fait et du jamais vu, le marketing semble rôdé chez Wild Bunch qui collabore avec le cinéaste depuis de longues années maintenant.

Restait le risque de voir l’exploitation du film restreinte par la Commission de classification du CNC. Echappant de peu à l’interdiction aux mineurs, après la plainte d’une association catholique, le long métrage est finalement prohibé aux moins de seize ans. Son producteur et distributeur, Vincent Maraval, patron de Wild Bunch, exprimait récemment sur Twitter son dépit face à ce choix et à ses raisons, concluant par ces mots : « Le cinéma pense ce qu’Internet déverse, c’est ici qu’est la différence. »

Les plus chanceux l’ont déjà vu, les autres patientent encore et les voilà récompensés. En ligne sur Dailymotion depuis lundi 29 juin, après la publication d’un extrait vidéo en mai dernier, le trailer est enfin là. https://www.dailymotion.com/video/x2vx626_un-premier-trailer-torride-pour-love-de-gaspar-noe_shortfilms?start=6

« What is your ultimate fantasy ? »

LOVE. Derrière ces quatre lettres, des peaux se touchent et des corps s’épousent. De battre trop fort, des cœurs s’épuisent. Des images frénétiques d’ébats sexuels défilent sous nos yeux et une voix masculine introduit. Plus tard, la femme poursuit : « Show me how tender you can be ».

Sous ses allures de film porno et de coup marketing, Love  apparaît aussi et surtout comme une histoire d’amour et de couple. Sa bande-annonce est en tout cas la promesse d’une mise en scène soignée, d’une recherche d’esthétisme  autour de la sexualité, thématique chère au réalisateur. Raconter une histoire d’amour, passionnelle, destructrice (?) par le sexe. Le filmer en 3D – ce qui aurait peut-être enchanté le défunt stéréographe français Alain Derobe. Inciter à méditer sur les paradoxes des désirs humains. Le projet est ambitieux et terriblement séduisant. Entre adultes consentants.

[1]        Dont la sortie fut filmée à l’époque par Allociné.

image film love Gaspar Noé