Rebelote. Tous les ans c’est pareil. On est à peine remis des séquelles de Noël et du jour de l’an (voir pèse-personne) et des névroses qu’ils ravivent (cf réunions de familles), qu’on nous assaille de reminders à tous les coins de rue. Parce que ce n’est pas encore fini ; il faut encore célébrer. Le 14 février c’est la Saint-Valentin*, c’est le jour de l’amuur. Bla bla bla.

Les guirlandes et les faux sapins ont à peine eu le temps d’encombrer les armoires et les caves que les fleuristes, les bijoutiers, toutes les marques stylées, les chocolatiers, les traiteurs, les restaurateurs, les agents de voyages et même les banques se remettent à l’œuvre et s’attèlent à la déco de cette foutue Saint-Valentin. Le résultat, c’est qu’à partir du 15 janvier on ne peut plus faire un pas sans s’étouffer avec des cœurs et des cupidons à toutes les sauces. Et du rose. Du rose partout.

La problématique de rentabilité des commerçants, elle n’est pas bien compliquée à comprendre. Il serait idiot de ne pas sauter sur cette méga opportunité de faire du biff. Donc ils peuvent repeindre tout couleur Barbie si ça les chante, et tant mieux si cette année, grâce aux recettes de cette juteuse stratégie, ils passent leurs vacances en Croatie plutôt qu’à Mimizan. L’amour, tout comme le sexe, est devenu un produit de consommation et de spéculation. On le sait et on ne va pas en faire une maladie.

En revanche, on n’est pas obligé(e)s de tomber dans le panneau. Même s’il est désormais considéré acceptable de poser nonchalamment la question « quoi de prévu pour la Saint-Val ?» (Ah oui. Parce que en plus, on n’a plus le temps de dire Saint-Valentin tout entier, on est busy), il est aussi parfaitement acceptable de répondre « rien » et ce, sans ciller. Et ça vaut aussi bien pour les couples que pour les célibataires.

Mais pour celles et ceux qui en sont dispensés, la Saint-Valentin peut être tout à fait autre chose qu’un douloureux rappel d’une condition socialement pointée du doigt. Parce que être seul(e) ne va pas forcément de paire avec se sentir seul(e).

On est en relation avec nous même avant d’être en relation avec un autre (pardonnez l’enfoncement de porte ouverte). Alors, quand on a l’occasion, comme on en a trop peu, de s’occuper, d’entretenir et de chérir cette relation, il est conseillé de ne pas la rater. Pour ça, le 14 février semble tout à fait indiqué.

Cette année, on a de la chance, ça tombe un dimanche. Les options sont donc multiples : trainer toute la journée en jogging, s’adonner à une séance de binge watching (junk food included), aller voir trois films d’affilé au ciné, partir en virée avec les copines célibataires ou les copines qui s’en foutent, cuisiner un festin pour soi toute seule ou pour tout le monde, aller voir une expo, se faire une méga séance de pomponnage maison, nourrir des canards, se teindre les cheveux en mauve… peu importe, whatever works.

Rappelons, à toutes fins utiles et en toute modestie of course, que l’amour n’a pas besoin de date, et que les attentions n’ont pas besoin d’excuse. Tout le monde le sait, semble-t-il. Cependant, on est tellement privé de légèreté qu’on se laisse aller à croire le contraire, on accepte de programmer cette légèreté regrettée. Et ça n’est pas grave, tant que ça fait du bien. Alors on pardonne à ces couples cucul la praline et on est heureux qu’ils soient heureux. Chacun sa cam, ça les regarde après tout.

Nous qui en sommes dispensés, on célèbre le fait que ce jour là, la seule personne qui compte c’est nous. Que ce jour-là, on n’a personne d’autre à contenter.

Ça ne sera pas toujours le cas, il est encore temps d’en profiter.

*Pour l’occasion, Pinterest a fait une petite sélection de goodies Anti Saint-Valentin assez poilants, on vous invite à lécher la vitrine 🙂

Sinon, vous pouvez aussi consulter nos 5 rdv « culture LOVE » pour faire du V-Day, votre Me-Day !