Ca brille, ça scintille, ca fait « Wouah ». Ça crie « Juliaaaaaa , par iciii », ou encore « Kristeeeeeeen, par-lààà ». En 2016, sur le tapis rouge, on est plutôt gâté en strass, paillettes, petites culottes et décolletés. Et dans les salles de projection aussi, on se fait bien bichonner.

En plus d’avoir une dose d’Hollywood à en faire une tachycardie, à l’intérieur du Palais, notre petit palpitant est aussi sur-stimulé par une sélection qui rend hommage à l’amour. Et vous vous en doutez, on a nos petits préférés.

Si on était un peu narcissique, on se dirait que le Festival a plus que lorgné sur la ligne édito de HAPPYLOVERS pour inspirer sa sélection. A-t-il pris ce parti dans un effort de lutte contre la morosité des réalités mondiales ? A-t-il voulu nous offrir un refuge à travers un choix de fictions à faire battre le cœur et à remplir les yeux ?

Cette année, Cannes dévoile toutes les facettes de l’amour, tour à tour en guerre, en lutte, salvateur, profond, sans fioritures…. L’amour polymorphe, polyphonique et polysémique. L’Amour quoi.

Et forcément, notre cœur balance.

Heureusement, ça n’est pas qu’avec la larme à l’œil que l’on admirera « la chose essentielle ». C’est ainsi que Gabrielle, personnage central de Mal de Pierre, qualifie la passion et l’amour véritable, pour lesquels elle se bat. Les mariages arrangés et bien rangés, merci, très peu pour elle. Un petit goût des sœurs Brönte qui n’est pas sans nous ramener à l’essentiel.

Toni Erdmann démontre avec un génie humoristique sans pareil la ténacité et la force de l’amour d’un père pour sa progéniture. On se bidonnera sans retenue devant ce papa soucieux de faire sourire sa fille au cul-serrée, partie s’enterrer en Roumanie où elle vit sa vie au carré. C’est très bien tout ça mais « es-tu heureuse ? » ose-t-il. On se prépare à deux heures de preuves ridiculement touchantes et hilarantes de la force du lien filial.

Ma Loute, c’est un peu Roméo et Juliette chez les cannibales. Oui, les cannibales. L’histoire contrariée d’un pêcheur mangeur d’Homme et d’une fille de bonne famille. Comédie burlesque sur fond d’enquête policière bancale et de drame familial délicieusement déjanté : on se marre d’avance.

Chauffeur de bus et poète à ses heures, on suit les déambulations de Paterson, brillamment campé par Adam Drivers (Girls), qui nourrit ses vers de sa fascination du genre humain. Il n’est pas bavard, Paterson. Il écoute beaucoup. Il rêve beaucoup. Il transforme et sublime tout. Même, par amour, une boite d’allumettes.

Parenthèse. Café Society a ouvert le Festival et ne fait pas partie des prétendants à la Palme d’or. Mais bon. Il figure tout de même dans notre liste. Parce que c’est l’onirisme déjanté et décalé de Woody Allen qu’on aime, parce qu’il y a Hollywood, New-York, des bandits, le brillant Jesse Eisenberg, Kirsten Steward qu’on préfèrerait détester, Steve Carell parce que Steve Carell, Blake Lively qui, quoi qu’elle fasse, sera toujours Serena et parce que tout ça mélangé, on ne pouvait pas l’éviter.

Loving. Loving vs Virginia fut plaidée en 1967 devant la Cour suprême des Etats-Unis, entre le couple bien nommé Loving, et l’état de Virginie. A cette époque, la Virginie reconnait l’union d’un couple mixte comme un crime, les Loving sont alors contraints de s’exiler dans un autre état. Leur bataille juridique se lance pour leur droit de résider dans leur home state en tant que mari et femme. Le 12 juin 1967, la Cour suprême rend un arrêt en leur faveur. Et en celle de l’Histoire.

Loving n’est pas une fiction.

#lamourvaincra

Xavier-dolan Cannes2016