Assez incroyable de penser que, Marie de Noailles, cette jolie femme, healthy, aux cheveux d’un blond californien (d’ailleurs elle rentre tout juste de Los Angeles :)), tout sourire, pleine de charme et de bienveillance, soit tout droit sortie de cet enfer…15 années d’addiction à la drogue et à l’alcool.
Un ange, on vous dit, porteur d’un message d’amour, extrêmement positif : on peut se sortir de tout, même des plus mauvaises passes. Ce qui ne tue pas rend plus fort… Nous ne pouvions pas passer à côté de cette histoire car outre le fait qu’elle se termine bien, elle va plus loin. De son expérience extrêmement douloureuse, de laquelle elle aurait pu ne jamais revenir, elle a réussi à se construire un avenir gratifiant et porteur de sens : devenir addictologue pour aider les autres à s’en sortir.

En France cela peut paraître encore extraordinaire de voir un ancien addict devenir thérapeute. C’est très courant en Angleterre et aux Etats Unis où elle a suivi plusieurs cures et où elle a étudié par la suite. Ce sont eux qui l’ont sauvé alors que les traitements psychiatriques n’avait pas fonctionné sur elle.
Pourquoi ? Parce que l’addiction dans la majorité des cas n’est pas une maladie psychiatrique. Prendre soin de sa tête, de son corps, de ses émotions, de sa spiritualité pour soigner tout l’humain, voilà le programme proposé par ces cures spécialisées outre Atlantique.
Ce qui l’a aidé, c’est le « tough love » une manière d’être dur avec les malades mais tendrement.
Les thérapies de groupe aussi. Une phrase qu’elle adore et qui l’a beaucoup aidée : « tu n’en as pas marre d’en avoir marre »; c’est le début de la prise de conscience.

Il faut arrêter de croire qu’il y a un élément ou un événement déclencheur de l’addiction. Il n’y a pas une personne qui ne lui pose pas cette question ! Et c’est la question que nous lui avons posée comme tous ! Et sa réponse est : c’est « bio psycho social ». On naît avec cela en soi (génétique et hérédité) + le vécu. Comprendre d’ailleurs le « pourquoi » ne va rien changer selon elle car cela n’empêchera pas l’addict d’aller consommer pour autant.
Le mécanisme déclencheur pour elle ? Une hypersensibilité à la vie, des petites choses qui la faisaient enfant trembler comme une feuille de façon disproportionnée et qu’elle a toujours en elle mais se soigne. Son addiction primaire est donc sûrement la dépendance affective, avant la dépendance chimique. De consommer, ça a apaisé son âme. Pendant longtemps, c’était une béquille, un moyen d’être cool… de réguler ses émotions alors en dents de scie.
Il faut bien l’avouer, c’est agréable de s’enivrer. Un shoot de dopamine procure un sentiment de bien être, une sensation euphorisante. C’est comme un ami qui vous veut du mal.

Forte et fragile à la fois d’avoir vaincu ses démons et consciente que le mal est toujours là, tapi au fond d’elle. D’ailleurs elle met en garde, l’abstinence est le seul remède car rares sont ceux qui arrivent à se remettre à consommer modérément. La rechute est toujours possible et c’est toujours pour d’excellentes raisons… En effet l’addiction qu’elle soit comportementale (bouffe, sexe, jeu, dépendance affective,…) ou chimique (alcool, drogue, médicament,…) s’accompagne toujours de son lot de mensonges et de déni.

Elle a voulu un livre qui lui ressemble : accessible, plein d’humanité et pudique. Livre qu’elle a écrit avec Emilie Lanez. Une collaboration intense pendant 1 an avec des séances de travail hebdomadaires ponctuées de « Noooonnnn, Ouiiiii ? Ah bon !!!!! » d’Emilie en découvrant l’histoire de Marie. Une sorte de continuité à sa thérapie pour Marie. Ce récit intime raconté avec humilité est touchant car nous pouvons tous être concernés de près ou de loin.

Nous aimerions un prochain livre avec John Galliano racontant leur thérapie… On dit ça, on dit rien…